Au sein du raz-de-marée super-héroïque qui éclabousse les écrans depuis quelques années, Captain America est définitivement un personnage à part. Perçu comme une icône kitch par les uns, comme un épineux fanion nationaliste par les autres, l'adaptation de ce comic emblématique faisait depuis longtemps figure de serpent de mer, inévitable avec la mise en chantier du grand oeuvre des studios Marvel, The Avengers. Conscient de l'instabilité du matériau, la production a désigné pour réaliser cette adaptation Joe Johnston, artisan old school, rompu aux commandes et aux films d'époque.
Force est de constater qu'il s'agissait là d'un choix idéal, tant le metteur en scène aborde avec intelligence et humilité son sujet. En s'attardant longuement sur son personnage et sa destinée, bien plus tragique que celle de ses camarades dopés aux super pouvoirs. Steve Rogers est un gamin de Brooklyn au chauvinisme exacerbé, qui fantasme une guerre et un sacrifice auxquels rien ne le destine. Devenu un
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