ACTIVITÉS DE VOS AMIS

    Blog Cinéma

    Les oubliés du Festival de Cannes

    Killing Them Softly

    Il en va de même chaque année : sur les centaines de films présentés au Festival de Cannes (dans les différentes sélections ou au Marché du film), seule une poignée connaîtra la lumière des projecteurs, surtout à la faveur du Palmarès, qui honorera ceux jugés les plus brillants par le Jury. Or, puisque la liste des gagnants prête pour le moins à polémique, et que la cuvée 2012 a été plus riche qu'on peut le lire ici et là, l'occasion est trop belle de se pencher sur certains longs-métrages repartis bredouille, ou qui n'auront pas bénéficié d'une exposition médiatique à la hauteur de leurs qualités. Encore une fois, on pourra constater que loin des poncifs du cinéma d'auteur, ce sont tous les cinémas qui se donnent rendez-vous sur la Croisette.

    Cogan — La Mort en douce

    Accueilli par une presse fatiguée comme un sous-Tarantino, le film d'Andrew Dominik est très loin des travaux du roi de l'iconisation de la pop-culture. Résolument sombre et anti-spectaculaire, ce polar "hard boiled" est aux antipodes de ce qu'attendaient les festivaliers. Métaphore de la crise appliquée au gangsters, il met en scène un Brad Pitt tour à tour sarcastique et terrifiant, chargé de "licencier" des malfrats qui ont la mauvaise idée de s'attaquer à un trop gros poisson. Loin des clichés du film de mafieux ordinaire, le film s'avère une descente aux enfers impressionnante, un pamphlet coup de poing sur l'American Way of Life, et ne devrait pas laisser les spectateurs insensibles.

    Killing Them Softly - Affiche

    Lawless

    Que la nouvelle réalisation de John Hillcoat (La Route) ne soit pas un chef d'œuvre ne fait aucun doute. On aurait pourtant tort de passer outre cette fresque fort bien emballée. Tout d'abord parce qu'elle bénéficie d'une distribution de premier ordre : Shia Labeouf montre enfin de quoi il est capable, aux côtés du bourru Tom Hardy, et de la fascinante Jessica Chastain. Face à eux, un acteur rompu à l'art du cabotinage, qu'il pousse ici dans ses derniers retranchements, à savoir Guy Pearce, impeccable en bras armé de la loi, vicieux et violent. Tout ce beau monde jouera du colt et de la bibine dans cette chronique d'un sud des États-Unis mis à feu et à sang par la prohibition, inspiré de l'histoire vraie de trois frères en guerre contre l'état fédéral et leurs concurrents locaux.

    Lawless

    The Sapphires

    Harvey Weinstein se trompe rarement. Après avoir jeté son dévolu sur The Artist l'an passé, il s'est précipité (littéralement) pour pouvoir acheter les droits du film The Sapphires, présenté hors compétition, et qui aura su séduire un public des plus hétérogènes. Le producteur/distributeur, un des derniers nababs hollywoodien n'a d'ailleurs pas caché son souhait de voir le film concourir aux Oscars. Il y est question d'un groupe de chanteuses australiennes, les Saphhires, devenues célèbres car montées pour concurrencer les célèbres Supremes. En résulte une comédie toute en émotions et en musique, soit l'assurance d'un très bon moment.

    The Sapphires

    Maniac

    Avec ce remake du film éponyme de William Lustig, on craignait le pire. La version originale avec Joe Spinell étant à classer parmi les chefs d'œuvres méconnus de l'histoire du cinéma, on avait très peur que cette nouvelle vision avec Elijah Wood ne vienne entacher la réputation d'un long-métrage ténébreux et effrayant. Heureusement, si le film n'est pas tout à fait à la hauteur du maître, il s'avère un des meilleurs slashers de ces dernières années, particulièrement violent et perturbant grâce à un principe de mise en scène qui risque d'en surprendre plus d'un.

    Maniac

    Antiviral

    La presse ne sut quoi penser de ce trip de science-fiction et d'horreur signé Brandon Cronenberg, fils de l'illustre réalisateur. Entre attraction et répulsion pour le cinéma paternel, beaucoup préférèrent n'en rien dire, plutôt que de se planter méchamment. Une grossière erreur, tant le film s'avère intelligent et marquant. On y suit Syd, laborantin qui, dans un futur proche, gagne sa vie en inoculant des fans cramés du bulbe les pathologies de leurs stars préférées. Le jour où il s'injecte pour en tirer profit la maladie d'une starlette au sommet de sa gloire, il est loin d'imaginer que la jeune femme décèdera, et transformera son existence en un cauchemar absolu. Critique du star system et de la société de consommation sont au cœur de ce premier film imparfait mais marquant.

    Antiviral

    Broken

    Le cinéma social n'est pas réputé pour nous offrir de grands éclats de rire, ni de sublimes moments de détentes, et pourtant, c'est ce qu'accomplit Rufus Norris avec talent. Aidé de Tim Roth, ce cinéaste qui a débuté au théâtre et à l'opéra nous conte les mésaventures quotidiennes d'une petit fille victime de diabète, et qui va tenter d'enrayer la spirale de ragots, rumeurs, et violence qui détruisent le voisinage. Une fable dure, parfois amère, qui n'oublie jamais d'être drôle et touchante.

    Broken

    Ernest et Célestine

    Rares aujourd'hui sont les films d'animation à s'intéresser exclusivement aux bambins, sans glisser ici ou là de références ou d'humour à destination des adultes. Heureusement, voici une œuvre dont la beauté n'a d'égale que l'humilité. Un conte dont les héros sont une petite souris qui refuse son destin de dentiste, et un ours qui se rêve artiste. Deux personnages beaux et poétiques, incarnés par des couleurs pastels du meilleur effet, le tout grâce à des textes et des doubleurs (Lambert Wilson en tête) au service de l'histoire, bref un régal pour les tous petits.

    Ernest et Céline

    Touristes

    Quand un couple de bras cassés part en vacances pour faire du camping et découvrir le musée international du crayon, on se doute que l'on va avoir droit à un festival d'humour anglais... si en plus les deux complices se révèlent être de dangereux sociopathes... le tout donne une comédie british complètement azimutée ! Présenté en séance spéciale dans le cadre de la Semaine de la Critique, le film en a surpris plus d'un par son esprit sale gosse réjouissant, sa mise en scène hilarante, et ses gags corrosifs.

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