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    Que faut-il aller voir cette semaine ?

    Rock'n Love

    Essoré par Battleship, et prêt à la ruée des Avengers, le box office entame sa danse du ventre estivale, à l'attention des cinévores et spectateurs en général. Les producteurs et distributeurs s'échinant à tirer leur épingle du jeu sans jouer la confrontation directe, la semaine qui s'annonce sera celle de l'entre-deux, et pourrait permettre à des œuvres plus modestes d'exister. Il sera donc question dans les salles d'amour et de rock'n roll, de renaissance et de vie animale, ainsi que d'évasion sociale et spatiale.

    Rock'n Love

    David Mackenzie, réalisateur de Toy Boy et Perfect Sense, s'est fait une spécialité de revisiter les sentiments les plus codifiés du cinéma, que ce soit en brossant Hollywood dans le sens contraire du poil avec Ashton Kutcher, ou en décrivant une histoire d'amour vouée à l'oubli aux côtés d'Eva Green. Rien d'étonnant donc à ce qu'il traite cette innocente love story sur fond de musique avec une patte bien particulière. Quand deux musiciens invités à jouer pour l'énorme festival écossais T in the Park se retrouvent menottés l'un à l'autre, tout indique que nos jeunes gens vont se découvrir des affinités autres que mélodiques. Sauf que l'un est une popstar méprisante, l'autre une chanteuse rock, roots et déglinguée, que leurs managers ne voient pas la situation d'un bon œil et que leurs conjoints respectifs n'entendent pas s'en laisser compter. Le film a été tourné en quatre jours et demi, durant le festival T in the Park. Outre l'invraisemblable défi que comporte ce dispositif, le long-métrage en tire une énergie et un sentiment d'urgence surprenants, très proches des émotions ressenties pendant un véritable concert. Ajoutez à cela une bande-son aux petits oignons, des dialogues acérés et une poignée de chansons live très réussies, et vous obtiendrez la recette du feel good movie de la semaine.

    Nouveau départ

    Père célibataire en pleine crise de la quarantaine, perdu et désargenté, Matt Damon n'en mène pas large dans le nouveau film de Cameron Crowe (Presque célèbre), jusqu'à ce qu'il place ses derniers deniers dans l'achat d'une grande maison, laquelle se trouve accolée... à un zoo. Vous l'aurez compris, il sera ici question d'un des thèmes les plus anciens du cinéma américain, à savoir la renaissance, le retour en grâce et la réussite personnelle. La crise étant passée par là, le scénario se double d'un portrait digne et réussi d'une nation en proie au désarroi et aux doutes, dont les valeurs semblent s'écrouler un peu plus chaque jour. Le tout aurait pu ressembler à des milliers d'autres histoires, mais c'est tout le talent du réalisateur que de se focaliser sur ses personnages et leur relations, certes classiques mais brillamment interprétées. On aurait tort de ne pas laisser à Matt Damon et Scarlett Johansson une chance de nous embarquer dans ce conte moderne, émouvant sans jamais verser dans la larme facile, optimiste sans se faire le héraut d'un américanisme béat. Une parenthèse (presque) enchantée.

    Lock Out

    Amateurs d'originalité et de nouveauté, passez votre chemin. Lock out est un pot pourri de science-fiction, qui pioche allègrement dans la filmographie de John Carpenter et la plupart des buddy movies des années 80-90, le tout mâtiné d'une science-fiction elle aussi référentielle et délirante. Voilà une étonnante histoire d'évasion spatiale, qui a la bonne idée de faire la part belle aux comédiens et à l'humour. Si les rôles de Guy Pearce et Maggie Grace sont des plus stéréotypés, l'auto-dérision et la bonne humeur de l'ensemble assurent le spectacle et permettent d'assister à un spectacle qui fleure bon la série B. Truffé d'imperfections et de raccourcis, le film n'en dégage pas moins une cool attitude insolente, qui rappelle les grandes heures d'un cinéma d'exploitation décomplexé et hystérique. Attention toutefois : production Besson oblige, la misogynie est de rigueur.

    Enfin, on peut espérer que cette semaine de sorties plus tranquilles jouera en la faveur de L'Enfant d'en haut, film franco-suisse récompensé de l'Ours d'argent à Berlin. Il y est question de la relation compliquée entre une adolescente et son petit frère, lequel monte chaque jour sur les pistes d'une station de ski faire les poches des touriste. Le duo tente ainsi de subsister malgré l'écrasant poids des conventions sociales et une société qui les oublie. Une chronique dure mais passionnante d'un monde au bord du gouffre, emmenée par le talent de Léa Seydoux.

    L'enfant