Pas encore tout à fait remis du traditionnel choc cannois, le petit monde du cinéma nous aura une fois de plus concocté une semaine fait de sorties discrètes, où s'affrontent les œuvres les plus modestes du festival, qui connaissent une sortie rapide, et les fonds de tiroir des distributeurs pour qui cette période de l'année est souvent l'occasion de lâcher du lest. Prometheus ne s'y est pas trompé, et a choisi cette période à la fois propice au cinéma et pauvre en concurrence pour tenter d'imposer sa suprématie, tandis que le phénomène Avengers semble en passe de se calmer.
Prometheus
Ridley Scott est un des réalisateurs les plus admirés au monde, même si ses œuvres majeures sont loin derrière lui. Mais quelles œuvres ! Alien, le huitième passager et Blade Runner ont à eux seuls redessiné la science-fiction moderne et tout un pan du cinéma. C'est donc peu dire qu'on était impatients de découvrir ce film étrange, véritable ovni cinématographique, puisqu'il entend revisiter la saga xénomorphe, et nous révéler ses origines... Le spectateur découvrira que les ambitions de l'auteur vont bien au-delà du simple prequel, puisqu'il entend initier une toute nouvelle saga, qui partage le même univers qu'Alien, certes, mais n'entretient que très peu de rapports avec son scénario. Après le jeunisme revendiqué des derniers Star Wars et autres John Carter, on ne pourra que se féliciter de retrouver sur grand écran une science-fiction adulte et référentielle, qui ne renonce pas pour autant à un fort imaginaire. Les fans de Michael Fassbender devraient être aux anges, tant l'acteur livre ici une de ses plus belles performances, qui fait admirablement le lien entre les deux univers cultes de Ridley Scott... On vous préservera de tout spoiler, et vous seriez bien avisé de réfléchir à deux fois avant de vous précipiter sur les dernières vidéos et bande-annonces, aussi réussies que révélatrices, histoire d'arriver dans les salles vierges de tout à priori, pour ce qui s'avère être une plongée vertigineuse dans un univers bio-mécanique qu'il nous tardait de revisiter.
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Peace, love et plus si affinités
Que serait l'été sans une comédie américaine tout feu tout flamme ? On ne saurait vous le dire, puisque voici l'opus de l'été, bien décidé à profiter des faibles scores internationaux du dernier American Pie. On y retrouve l'esprit enjoué des teen movie, transposé ici à une comédie hippie décalée et délirante. C'est ce que découvriront Jennifer Aniston, toujours aussi pétillante, et Paul Rudd, un des plus prometteurs acteurs comiques d'outre-Atlantique, que la crise économique force à un départ précipité de New York. Pour autant, le duo ne s'attendait pas à faire la rencontre d'une bande de babas très cool, ni au choc des cultures qui en découlera, pour notre plus grand plaisir. Voilà une farce légère, qui ne prêtera pas à conséquences, et accompagnera au mieux le retour des beaux jours.
Les Femmes du bus 678
Flipper dans l'espace, traire des chèvres sous LSD, c'est tout à fait respectable, mais ça ne vaut pas une petite découverte cinématographique venue d'ailleurs. Le cinéma confirme ici qu'il est un des plus pertinents moyens de découvrir ce qui se passe au-delà de nos frontières, au-delà des informations expédiées relayées massivement par le système médiatique. Le film nous plonge donc dans quotidien de trois femmes égyptiennes, qui vont s'unir et combattre ensemble le machisme d'un pays qui refuse d'ouvrir les yeux sur les humiliations dont elles sont victimes quotidiennement dans les transports publics. Inspiré d'une histoire vraie, ce film tourné au Caire est un vibrant témoignage des luttes encore à mener pour les féministes, dans un pays dont la récente révolution est encore en devenir. Une œuvre qui aura mis du temps du temps avant de parvenir jusque chez nous, alors que plusieurs de ses comédiens étaient présents dans Après la Bataille, de Yousry Nasrallah, en compétition cette année sur la Croisette.
Voir également : Retour sur Cannes 2012

