ACTIVITÉS DE VOS AMIS

    Blog Cinéma

    Que faut-il aller voir cette semaine ?

    Magic Mike / Channing Tatum

    Les distributeurs l'ont bien compris, quand il fait chaud, le public veut du divertissement léger, facile à appréhender, et généralement sans prise de tête. Du coup, les spectateurs devraient être servis avec la nouvelle réalisation du prolifique Steven Soderbergh, un blockbuster décérébré concocté par le papa d'Underworld, à moins qu'ils ne préfèrent la mélancolie du nouveau film où officie Vanessa Paradis.

    Magic Mike

    Avec le soleil vient l'heure de tomber la chemise. C'est sans doute la réflexion que ce sont faite les producteurs de ce long-métrage quand il fut question d'en décider la date de sortie. Magic Mike est réalisé par le surbooké Steven Soderbergh (pas moins de trois films en moins d'un an, avec Contagion, Piégée, et celui qui nous intéresse aujourd'hui), qui se penche ici sur l'existence d'un stripteaseur de luxe, et les problématiques de son existence, entre insouciance, argent facile et inquiétudes liées à son avenir. Le scénario n'est pas une resucée américaine de The Full Monty, puisqu'il est basé sur le récit autobiographique de son comédien principal, Channing Tatum, venu chercher le metteur en scène pour emballer ce récit iconoclaste. Égérie d'un club d'effeuillage masculin, Mike mène une existence dorée sous le soleil de l'argent liquide, des femmes et des projecteurs. Alors qu'il doit prendre sous son aile un nouveau venu et fait la rencontre de sa sœur protectrice, il réalise que son mode de vie ne saurait durer, et qu'il est temps de se poser de nouvelles questions. Pour accompagner l'acteur principal du premier G.I. Joe, Soderbergh a mis sur pied un casting de haute volée dont il a le secret. Ce sont ainsi pas moins que Cody Horn, Matthew McConaughey et Alex Pettyfer qui donne la réplique au musculeux comédien. Les amateurs de virée ensoleillée et humoristique apprécieront le ton décalé du film, tandis que les cinéphiles plus exigeants se régaleront de la mise en scène du réalisateur, discrète et chirurgicale, comme à l'accoutumée, ainsi que de son talent impressionnant pour la photographie, signature qui rend ses films reconnaissables entre mille (on se souvient notamment des formidables couleurs saturées de Trafic).

    Total Recall

    Au risque de déplaire aux fans de la première version du film ou aux lecteurs de la nouvelle de Philip K. Dick dont est tirée cette adaptation, Total Recall pourra cela dit combler les spectateurs en quête d'un divertissement estival spectaculaire et moins noir que l'impérieux Dark Knight rises, grâce au talent d'artificier du réalisateur Len Wiseman. Rappel de l'histoire : dans un lointain futur où la Terre a été rendue inhabitable par plusieurs conflits mondiaux, l'espace vital est devenu une denrée précieuse. Ouvrier dans une gigantesque usine, Doug Quaid (Colin Farrell) se démène avec une existence qui lui paraît ne pas le convenir, en quête de sensations fortes, il a recours à la société Rekall, qui propose à ses clients de leur implanter des souvenirs artificiels. Le procédé va alors révéler un sinistre complot, et une réalité dont Quaid ignorait tout... Le script passera rapidement au second plan, au profit de scènes d'action dantesques, où fusillades et courses-poursuites rythment le parcours du combattant de Farrell, parti à la recherche de sa véritable identité. Enlevé, spectaculaire et sans temps mort, le long-métrage s'avèrera un divertissement d'une grande efficacité pour qui cherche un univers de science-fiction vertigineux et dense. À noter que le comédien principal se voit très bien entouré de deux actrices de choc : la prédatrice Kate Beckinsale et la téméraire Jessica Biel, toutes deux impeccables dans des rôles d'ennemies farouches dont les affrontements sauvages ponctuent cette aventure en forme de grand huit.

    Cornouaille

    Enfin, si vous aimez l'artiste multiple qu'est Vanessa Paradis, mais que les unes de tabloïds vous indiffèrent, voire vous agacent, Cornouaille s'avèrera un très bon palliatif. Ici point d'explosions ou de légèreté estivale, mais un récit tendu et mélancolique, narrant le retour sur ses terres d'une jeune femme après un événement tragique. Paradis y rencontrera d'anciennes connaissance, et se retrouvera aux prises avec des phénomènes aussi inattendus que déconcertants. Loin de la ferveur de l'été Anne le Ny nous propose d'embarquer sur les côtes bretonnes, emplies de mystères et de secrets, pour un conte moderne sur l'identité et la mémoire, les souvenirs et les espérances brisées. Une œuvre sérieuse sans doute, mais touchante et poétique, qui offre à son actrice principale un formidable écrin pour son talent. L'occasion d'oublier les magazines people pour se concentrer sur une artiste complète, qui s'épanouit à l'écran aux côtés de Samuel Le Bihan et Jonathan Zaccaï, deux valeurs sûres du cinéma hexagonal.