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    Blog Cinéma

    Que faut-il aller voir cette semaine ?

    David et Madame Hansen

    Cette semaine, les super-héros et autres aventuriers de blockbusters seront en vacances, et permettront à une cinématographie autre, plus exigeante et protéiforme, de pointer le bout de son nez. On ne s'en plaindra pas, tant la variété vient souvent à manquer sur nos écrans dès lors que les supers-productions passent à l'attaque. L'occasion donc de voir Kad Merad transformé en victime de la téléréalité, Will Ferrell moqué l'actuelle campagne présidentielle américaine, ou encore Alexandre Astier signer un premier long-métrage débordant de talent.

    Superstar

    À l'heure où l'on ne demande plus aucun talent, pas la moindre culture aux stars et starlettes d'un jour, le quart d'heure de célébrité peut tomber sur n'importe qui, même un homme qui souhaite plus que tout conserver l'anonymat. C'est la mauvaise surprise que réserve le sort à Martin (Kad Merad), homme des plus communs, victime d'un emballement médiatique surpuissant, qui va le précipiter dans les griffes d'une cynique équipe de télévision. Critique acerbe d'un système qui se nourrit du néant, et n'hésite pas à broyer les hommes comme autant de cartouche, le nouveau film de Giannoli vient frapper là ou ça fait mal, en rappelant au spectateur ses propres faiblesses et vicissitudes. Le spectacle quotidien savamment étudié par les médias y révèle ses failles et son idéologie aussi inhumaine que cupide. On pourra arguer que le trait est parfois gros, mais l'ensemble demeure d'une belle efficacité, une charge parfois poignante sur les parcours tumultueux d'hommes et de femmes ui naviguent à vue au cœur d'une machine devenue folle.

    David et Madame Hansen

    Auteur et comédien de théâtre reconnu, Alexandre Astier fut révélé au grand public par Kaamelott, série humoristique inspirée intelligemment de la quête du graal, qui sut entamer une étonnante transformation au fil des saisons. Il nous revient avec un premier long-métrage bouleversant autour de la relation entre un ergothérapeute et une de ses patientes atteinte de troubles de la mémoire, et de la personnalité. L'artiste y fait montre d'une remarquable sensibilité, d'un sens du cadre et de la mise en scène admirables, le tout enveloppé dans l'humanité qui fut sa marque de fabrique, laquelle n'interdit pas un humour corrosif. Le film s'impose assurément comme l'un des surprises douces-amères de la rentrée.

    Moi, Député

    Will Ferrell et Zack Galifianakis sont deux des comiques américains les plus en vue outre-Atlantique, prêt à toutes les audaces et transformations pour l'amour de l'humour. Les deux complices se livrent ici à un festival de vannes grasses, burlesques, sentencieuses ou cyniques sur les jeux souvent absurdes auxquels se livrent les hommes politiques. Il y est question de la concurrence inattendue entre deux candidats désireux d'entrer au Congrès, tous deux prêt à redoubler de roublardise et de manipulation pour parvenir à leur fin, aucun de ces adversaires n'étant très futé, la situation prendra rapidement des airs de règlement de comptes surréaliste. Cette critique facile mais efficace de l'actuel processus électoral américain s'avère la recette idéale pour se préparer à une rentrée chargée, et redescendre en douceur du nuage vacancier, accompagné par nos deux briscards de la com, meilleurs puncheurs de bébés que harangueur de foules.

    Les romantiques passionnés ne seront pas en reste avec la nouvelle adaptation de la Confession d'un enfant du siècle, emmenée par Charlotte Gainsbourg et Pete Doherty. Si cette relecture de Musset n'apportera rien de fondamentalement nouveau à l'œuvre de Musset, on se réjouit de ce choix de casting osé mais pertinent, qui rappelle combien la mise en lumière de la sensibilité et des émotions firent de la littérature du XIXème siècle une étape fondamentale, intimement connectée avec notre époque. Les fondus d'humour baroque et décalé seront aux anges, grâce au nouveau Todd Solondz : Dark Horse. Soit la romance invraisemblable de deux adultes immatures, coincés dans des schémas et réflexes à deux doigts de la folie douce. L'ensemble laissera de marbre ceux qui ne jurent pas par la poésie étrange et les joies de l'absurde, mais enchantera tous les autres.

    Confessions d'un enfant du siècle