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    Que faut-il aller voir cette semaine ?

    The Amazing Spider-ManThe-Amazing-Spider-Man

    Cette semaine encore, la diversité sera à l'honneur sur les écrans de France et de Navarre. Si The Amazing Spider-Man devrait logiquement se tailler la part du lion, il aura face à lui l'une des sensations inattendues du festival de Cannes, ainsi que la nouvelle itération d'un des auteurs hollywoodiens les plus prolifiques et appréciés en Europe. Autant de sorties évènementielles et variées, qui donneront un air d'été aux salles obscures, lesquelles auront enfin l'occasion de faire fonctionner leur climatisation.

    The Amazing Spider-Man

    Le voici donc, le long-métrage aussi craint qu'attendu. Renaissance, blasphème, les qualificatifs pleuvent dès lors qu'il est question de définir ce projet hors du commun, né de la volonté du studio de faire table rase du passé de la franchise Spider-Man. Après que Sam Raimi ait mis en scène trois volets dont les deux premiers sont encore vénérés par des batteries de fans, le réalisateur demandait un budget et des salaires pour son équipe si importants que le studio préféra se débarrasser de la saga et raconter une nouvelle fois les origines de Peter Parker. Voici donc pourquoi ce nouveau film entend nous raconter une histoire dont nous connaissons déjà les grandes lignes, en en modifiant quelques éléments. Gwen Stacy remplace donc Mary Jane, le clan Osborne se fait plus discret, tandis que les lance-toiles de Spidey redeviennent des artefacts technologiques, et plus des capacités physiques nées de la morsure d'une araignée. Le résultat est filmé avec maîtrise par Marc Webb, qui montre tout son savoir-faire d'artisan précis et efficace. Les fans de l'homme-araignée en auront pour leur argent et apprécieront quelques remarquables cascades, tandis que les cinéphiles risquent de regretter la mise en scène inspirée de Raimi.

    Holy Motors

    Plus d'une décade après son premier film, personne n'attendait Léos Carax, cinéaste maudit pour le grand public et une large frange de la critique. Jusqu'à ce que l'auteur présente à Cannes une œuvre hybride et transgenre, qui laissa les festivaliers bouche bée et s'impose dans l'esprit de tous comme la révélation de l'édition 2012. Holy Motors est à bien des égards un film indescriptible, tour à tour drame, comédie, absurde, fantastique et même film d'action, l'ensemble suit 24 heures dans la vie d'un étonnant comédien, qui se promène en limousine et va de rôle en rôle, interprétant des humains aux trajectoires surprenantes, brisées parfois, émouvantes toujours. Réflexion sur le métier de comédien, autant que sur la carrière de son auteur, le long-métrage revisite de grands moment de cinéma et les détourne, les met en perspective, avec l'aide de prestigieux invités, qu'il s'agisse de Piccoli ou Kylie Minogue, le temps d'une séquence chantée absolument sublime. Inclassable, indescriptible, on ne saurait trop vous conseiller cette œuvre à nulle autre pareille, qui parvient à traiter d'introspection sans les travers nombrilistes du cinéma d'auteur hexagonal.

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    To Rome with love

    Avec le temps, la tournée européenne de Woody Allen aura pris la tournure d'un rendez-vous aussi prévisible qu'agréable, où le spectateur connaît la recette à l'avance, et sait très bien à quelle sauce il sera mangé. Car il ne faudra pas chercher de surprises du côté de cette escapade romaine, plutôt un best-of des situations et personnages chéris par le réalisateur, qu'il s'amuse ici à décliner à l'italienne. On pourra regretter que ces jeux de l'amour et du hasard aient un parfum de déjà vu, mais ce serait oublier la finesse du réalisateur et sa maîtrise impeccable de la comédie humaine, où il nous entraîne avec brio une fois de plus. Les accents s'entrechoquent, les langues s'affrontent et le charme opère, tandis que se noue un amusant ballet de la séduction.

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