Blanche-Neige et le chasseur, avec Kristen Stewart
Dans cet été particulièrement chargé en grosses sorties et blockbusters, la semaine qui débute sera l'occasion d'assister à la fin d'un duel « féérique », puisque sortira le second film transposant sur grand écran les aventures de Blanche-Neige, après la farce juvénile emballée le très estimé Tarsem Singh. Un film qui compte bien marquer le box office, pour peu que Prometheus marque le pas, tandis que d'autres œuvres plus modestes entendent profiter du mauvais temps et de l'accalmie précédant l'arrivée de Spider-Man et Batman pour gagner les faveurs du public.
Quelques mois après que Singh et Julia Roberts nous aient livré un conte délirant et enfantin, Hollywood nous gratifie une nouvelle fois d'une transposition homérique de la célèbre fable. Mais les studios ont tenté cette fois de privilégier le public des jeunes adultes, et misent non pas sur les têtes blondes, mais sur les amateurs de grande aventure et d'Heroic Fantasy pour faire du film un succès. Point de forêt enchantée, de créatures merveilleuses et autres douceurs dans ce récit, mais des bois maléfiques, des monstres comme s'il en pleuvait, et le combat - musclé - d'une jeune femme pour échapper aux griffes d'une marâtre qui ne veut pas vieillir. Plus que Kristen Stewart, qui compose une Blanche-Neige appliquée, c'est de Charlize Theron dont on devrait se rappeler, tant elle dépeint une Reine implacable et cruelle, quoique beaucoup moins manichéenne que ce que l'on pouvait craindre. En effet, son personnage s'avère une mise en abyme pertinente de l'obligation faite aux femmes de ne pas vieillir, et sa lutte pour demeurer la plus belle prend des airs de quête existentielle aussi tragique que terrible. Ajoutez à cela quelques belles scènes épiques, et voilà un film qui pourrait attirer beaucoup plus que les derniers fans de Twilight, et surprendre une audience en mal d'imagination.
Quand je serai petit
Jean-Paul Rouve est probablement l'un des membres des Robins des Bois à avoir le mieux réussi sa carrière solo. Acteur apprécié et populaire, il n'a pas hésité à se mettre plusieurs fois en danger à travers des rôles inattendus et quelques contre-emplois risqués, il nous revient à présent avec une deuxième réalisation (après Sans armes, ni haine, ni violence). Ce Quand je serai petit s'avère tout à fait hors des sentiers battus, une comédie dramatique tour à tour drôle et touchante, intimement liée à son auteur. Soit le récit d'un homme qui voit son quotidien totalement chamboulé par sa rencontre avec un petit garçon qui lui rappelle singulièrement son propre passé, et va l'entraîner dans une curieuse spirale, entre nostalgie, poésie et folie douce. Peut-être les fans de Rouve seront-ils désarçonnés par cette création décalée et loin de son terrain de jeu habituel, mais ils seraient bien inspirés de laisser à cette histoire délicate sa chance. Enfin, on appréciera le beau travail effectué par Benoît Poelvoorde, qui n'en finit pas de prouver combien son talent lui ouvre des portes au-delà du simple territoire comique.
Trishna
Quand un réalisateur britannique décide de revisiter le classique de Hardy, Tess D'Urberville, en le situant de nos jours en Inde, et se plonge au cœur du pays, de sa culture, notamment grâce à un casting pertinent et investi dans le projet, il ne peut qu'attirer la curiosité. Et le talentueux Michael Winterbottom (The Killer Inside me) parvient sans mal à transformer l'essai. Le film tranche radicalement avec la tradition bollywoodienne, sans pour autant ignorer les traditions cinématographiques de la région, et parvient à incorporer la danse et la musique avec intelligence. Une intelligence que l'on retrouve dans la distribution, notamment grâce à la sublime Freida Pinto. Elle y interprète Trishna, jeune femme écartelée entre les coutumes qu'elle veut respecter, et son attirance envers une société plus moderne, et un jeune homme fortuné, qui lui promet la vie dont elle rêve. Ce dernier est joué par Riz Ahmed, habitué aux second rôles dans des productions internationales, qui montre ici tout son talent, et permet à cette chronique tragique de tutoyer les sommets. Son personnage de golden boy soudain confronté aux contradictions entre son mode de vie et sa culture permet au film de dresser un portrait sensible et parfois bouleversant du sort des femmes en Inde.
Voir également : Les films de l'été 2012
