Le 65e Festival de Cannes n'est commencé que depuis hier soir mais les rumeurs et pronostics vont déjà bon train sur la Croisette. Ce matin était projeté De Rouille et d'os, deuxième film de la compétition après Moonrise Kingdom de Wes Anderson. A l'issue de la projection du sublime mélo de Jacques Audiard, le nom de Marion Cotillard est sur toutes les lèvres. Si sa présence à Cannes avait déjà mis le buzzomètre dans le rouge, sa prestation dans le film va de nouveau affoler les compteurs.
Sans fard, le teint cadavérique, les cernes jusqu'aux genoux, mal fagotée, le cheveu terne, l'actrice est ici aux antipodes des rôles fantasmatiques qui ont fait sa gloire à Hollywood dans Inception, Public enemies ou Nine notamment. D'ailleurs, hormis son compagnon Guillaume Canet qui l'avait dirigée dans Les Petits Mouchoirs, il aura fallu attendre un cinéaste de la trempe de Jacques Audiard pour décider l'actrice à revenir dans l'hexagone. La comédienne aura même pris des risques pour le réalisateur : elle avouait récemment que son contrat sur The Dark Knight rises lui interdisait de jouer dans un autre film en même temps. Les tournages du prochain Batman et de De rouille et d'os se chevauchant, elle aura donc joué clandestinement dans le film français. Grand bien lui en a pris.
Outre la performance physique inhérente à ce rôle d'handicapée (scènes de sexe comprises), Marion Cotillard n'a jamais été aussi intense, émouvante et naturelle. Toujours sur le fil, n'en faisant jamais trop malgré la tragédie qui accable son personnage, elle livre une composition sans faute qui, effectivement, vaudrait largement un prix d'interprétation cannois. Ce prix, l'actrice pourrait bien le partager avec son partenaire Matthias Schoenaerts, figurant également au deuxième jour parmi les favoris masculins. A moins que les deux comédiens ne passent à côté du graal si le jury décidait d'offrir la Palme d'Or à Jacques Audiard !
La bande-annonce de De Rouille et d'Os :
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