ACTIVITÉS DE VOS AMIS

    10 choses à ne pas (re)faire au Festival de Cannes

    Si on garde en mémoire les stars les plus glamours déambulant sur la croisette, les souvenirs les plus émouvants, les acteurs les plus talentueux, il faut aussi rendre hommage à ceux qui ont osé l'impossible et défié l'autorité du Festival de Cannes par leurs actions tonitruantes. Quitte à en payer le prix fort.

    Sophie Marceau

    - Ne pas dévaloriser le cinéma :

    En 1999, c'est l'actrice Sophie Marceau qui est chargée de remettre la Palme d'Or (qui reviendra à Rosetta). Avant la cérémonie, la jeune femme passe la journée aux côtés d'enfants handicapés. Durant son discours, elle trouvera donc de bon goût de minimiser l'importance du cinéma en évoquant le parcours de ces enfants qui souffrent. Sophie Marceau s'embrouille et ne tarde pas à se faire siffler par le public. Elle retiendra la leçon : à Cannes, durant le Festival, une seule chose est sacrée, et c'est le cinéma.

    - Ne pas organiser de manifestation :

    En 1968, Jean-Luc Godard et ses compères de la Nouvelle Vague viennent troubler la quiétude du Festival qui s'ouvre le 10 mai. Une manifestation est organisée le 18 mai, des projections sont perturbées... Finalement le Festival de Cannes est annulé le 19 mai. Un argument qui n'est pas suffisant pour tempérer les ardeurs des plus excités d'entre vous ? Rappelons que s'il a réussi à être sélectionné six fois en Compétition Officielle, le cinéaste n'y a jamais remporté le moindre prix. Une certaine vengeance de l'histoire sans doute.

    - Ne pas tripoter sa voisine :

    Les conséquences pourraient s'avérer désastreuses. C'est Robert Mitchum et l'actrice franco-égyptienne Simone Silva qui en ont fait les frais, en 1954, alors qu'ils posaient gaiement dans des clichés très suggestifs. L'acteur posait alors délicatement ses mains sur la poitrine de la jeune femme pour la cacher des appareils photos. Grand mal leur en a pris ! Le scandale éclate à Hollywood : invités à quitter la croisette dès le lendemain, les deux acteurs sont poursuivis par les ligues de vertus américaines. Une expérience douloureuse pour Simone Silva qui meurt dans des circonstances qui laissent croire à un suicide.

    - Ne pas jeter de tomates :

    On sait le public cannois sensible. Toujours prêt à huer, à exprimer son mécontentement pour un oui ou pour un non. En 1978, face au film Molière d'Ariane Mouchkine, le public a cependant fait preuve d'une grande imagination : en plus des habituels grondements de la foule, une volée de tomates s'envola vers l'écran. Original mais salissant. On préférera privilégier les sifflements et les huées pour des raisons de commodité (et d'hygiène).

    Lars Von Trier

    - Ne pas évoquer Hitler (même pour rire) :

    Et plus largement la Seconde Guerre mondiale. C'est d'abord le réalisateur Alain Resnais qui en a fait les frais, par deux fois, voyant ses films Nuit et Brouillard - documentaire d'archives traitant de la déportation - et Hiroshima mon amour - au titre qui parle de lui-même - refusés à Cannes. Vous pensez que la situation a évolué depuis ? Sachez qu'il faut toujours évoquer cet évènement historique avec des pincettes à Cannes, et que les blagues gratuites et provocantes du réalisateur danois Lars Von Trier n'ont pas été au goût de tout le monde. Depuis l'année dernière, le cinéaste est donc persona non grata à Cannes. Dans le doute, histoire d'être tranquille, on vous conseille donc d'éviter de parler de la Seconde Guerre mondiale durant toute la durée du Festival. Ça vaut mieux.

    - Ne pas s'approcher de Brigitte Bardot :

    Le 12 mai 1967, Brigitte Bardot débarquait à Cannes aux côtés de son mari milliardaire Gunter Sachs. C'est une vraie marée humaine qui entoure la jeune femme, obligée d'être escortée par des policiers pour ne pas se faire aspirer par la foule. Qu'on se le dise, si on veut se promener en paix à Cannes, mieux vaut éviter Brigitte Bardot.

    - Ne pas commettre d'actes terroristes :

    Certes, à Cannes ou ailleurs, on ne vous conseillera pas tellement d'entreprendre des attentats piégés. En 1975 une bombe explosa dans le Grand Palais, un fait méconnu, ne faisant heureusement aucune victime. Un attentat revendiqué par le Comité de lutte populaire contre la perversion du peuple. Au cas où, si vous mourrez d'envie de vous essayer à la pyrotechnie ou de fabriquer des pétards artisanaux, on vous conseillera de faire ça chez vous.

    - Ne pas venir à Cannes pour assister aux Hots d'or (car ça n'a plus lieu à Cannes) :

    Pendant la période du Festival, et ce pendant dix ans, la très réputée remise de prix de films pour adultes s'était installée à Cannes. Sous la pression, la mairie de Cannes décide de chasser cette cérémonie qui aura donc lieu épisodiquement à Paris. Si vous venez donc vous rincer l'oeil à Cannes, passez votre chemin !

    - Ne pas huer un film :

    Ça ne sert jamais à rien, au contraire, ce sont en général les films qui plaisent le plus aux jurys. The Tree of Life l'année dernière, Brown Bunny, Pulp Fiction et Sous le soleil de Satan au moment où ils reçurent leur palme d'or, tous ces films jugés provocants voire insupportables finirent par remporter un certain succès critique. Si l'envie vous démange retenez-vous donc ; il sera toujours possible de revenir sur votre avis un peu plus tard et donc de ne pas passer pour un indécrottable mécontent.

    - Ne pas faire de télé-réalité :

    En 2001, alors que la France se passionne (ou se dispute) pour Loft Story et les débuts de la télé-réalité, certains lofteurs galvanisés par leur notoriété soudaine tentent de monter les fameuses marches du Grand Palais. Aziz et Delphine seront donc gentiment repoussés par les vigiles. Alors si vous voulez parader sur la croisette, évitez de participer à une émission de télé-réalité. Dans la vie, il faut choisir.

    Voir également : Yahoo! fait son cinéma