Une carrière hollywoodienne est-elle vraiment possible pour nos superstars "made in France" Jean Dujardin et Omar Sy ?
Ils ont séduit l'Amérique. L'un a décroché la récompense suprême lors d'une soirée historique, celle des Academy Awards. L'autre a déjà un surnom à Hollywood : Le Eddie Murphy français. Pour Jean Dujardin comme pour Omar Sy, la presse US est unanime. Les 2 acteurs sont des stars mondiales, sans être passés par la case Hollywood. Hollywood, qui n'a d'ailleurs pas attendu pour « verrouiller » les carrières américaines de nos deux français. Désormais, pour engager Jean Dujardin ou Omar Sy dans une production US, il faudra affronter les super-agents de Beverly Hills. Mais plus sérieusement, quelles sont les chances hollywoodiennes des 2 acteurs ?
L'obstacle de la langue
Pour avoir suivi les promos de The Artist et d'Intouchables aux USA, nous avons remarqué que Jean Dujardin et Omar Sy avaient toujours un(e) interprète à leurs côtés. Les 2 acteurs répondaient rarement en anglais aux journalistes, même si Jean Dujardin était rodé aux questions des reporters US, surtout à l'approche des Oscars. Une chose est sûre : ni Jean Dujardin ni Omar Sy n'ont envie de tomber dans le piège de l'acteur « frenchie » à Hollywood, et se retrouver ainsi coincé dans un seul et même personnage. A ce jour, seul Vincent Cassel a réussi à faire oublier qu'il était français en jouant toutes les nationalités possibles, mais Cassel a un don pour les langues et les accents. Pourtant, tout est encore possible pour Jean et Omar. Un bon « dialect coach » leur permettrait de bien travailler un script en anglais. Ils ne seraient pas les premiers. Olivier Rabourdin en sait quelque chose. Son anglais et son accent étaient tellement bluffants dans Taken que les fans anglo-saxons ont du mal, encore aujourd'hui, à réaliser que Rabourdin ne parle pas anglais. Chez les actrices, les exemples sont encore plus nombreux, à commencer par Marion Cotillard, propulsée star US depuis son Oscar pour « La Môme ».
L'avantage d'être accessibles
C'est ce qui fait la force d'Omar et de Jean. Ils sont disponibles et jouent le jeu de la promo à l'américaine. Point commun entre les deux : un certain Harvey Weinstein, distributeur et stratégiste de génie. Jean Dujardin avait été présenté au public US comme un fan de Douglas Fairbanks et du cinéma muet hollywoodien. En enchaînant les talk-shows, il avait séduit les Américains par son charisme et son sens de la comédie. Même George Clooney est devenu fan. Au premier film hollywoodien, Jean qui charme et Jean qui rit feront donc tout pour plaire. Et pour être un peu plus chauvin, forcément, Hollywood a besoin d'un nouveau Louis Jourdan.
Omar plait aussi, mais d'une autre manière. « Il a un sourire à un million de dollars tout en gardant la street attitude », nous confiait un confrère US. Déjà, à Cannes, Omar Sy avait été approché par Brett Ratner (Rush Hour). Ratner prépare un biopic sur le groupe Milli Vanilli et rêve d'avoir Omar dans son casting. Depuis, l'acteur est assailli de scripts.
Futurs projets hollywoodiens. A qui le tour ?
A ce jour, on ne sait pas encore lequel des deux acteurs enchaînera sur un film hollywoodien. Omar Sy s'est installé avec sa famille à Los Angeles, pour mieux gérer une éventuelle carrière hollywoodienne. Il n'abandonne pas l'écriture pour autant. Justement, l'ambiance californienne lui permettra de se mettre au vert pour écrire une comédie. Jean Dujardin, lui, est resté en France. Son planning est surbooké et il a très peu de place pour l'instant pour un projet hollywoodien, sauf pour Martin Scorsese qui l'a engagé dans The Wolf of Wall Street. Et sauf si Hazanavicius, qui veut tourner à nouveau à Los Angeles, fait appel à lui. Justement, puisqu'on parle du réalisateur de The Artist, personne n'a encore évoqué l'éventuelle carrière hollywoodienne de Bérénice Bejo. Car celle qu'on présente aux USA comme l'actrice franco-argentine a aussi ses fans hollywoodiens. Et si Bérénice était l'outsider ? On y croit.

