Blog Cinéma

3 films à voir cette semaine

Un flic légendaire à Moscou, un primate en Côte d’Ivoire et deux ovnis taboulistanais en goguette dans les régions françaises… Cette semaine, les guides touristiques se suivent mais ne se ressemblent pas dans les salles de cinéma.

Oscar, le chimpanzé star de Disney Nature- Copyright: Martyn Colbeck-Disney

Chimpanzés
Disney épate avec ses primates

Après Félins, Les Ailes pourpres et Pollen et en attendant Grizzly, voici Chimpanzés, dernier né du label de docus écolos Disneynature. Au cœur de ce nouveau récit animalier parrainé par la célèbre primatologue Jane Goodall : Oscar, un jeune chimpanzé qui, après avoir perdu sa maman, sera adopté et protégé par Freddy, mâle dominant de son groupe. Pensée pour un public familial, cette nouvelle production reprend les mêmes ingrédients que ses prédécesseurs : une immersion totale dans l’habitat naturel de l’espèce choisie, des images d’une beauté renversante (tournées sur 3 ans dans la forêt tropicale en Côte d’Ivoire), un commentaire romancé (voire un poil naïf), pédagogique et teinté d’humour pour accrocher le jeune public et, bonus pour les bambins, un bébé très attachant en guise de principal compagnon de voyage. Soit le cocktail idéal pour sensibiliser les enfants et leurs parents à la problématique majeure du film : la sauvegarde des chimpanzés, espèce menacée.
DOCUMENTAIRE. De Mark Linfield et Alastair Fothergill. USA, 1h17.

Die Hard 5 : Belle journée pour mourir
Papy Bruce fait de la résistance !

Bruce Willis et son jeune alter ego Jai Courtney dans Die Hard 5- Copyright: 20th century fox

58 ans au compteur et toujours frais comme un gardon ! Bruce Willis, taulier du film d’action, ne craint pas les affres du temps et le prouve en endossant pour la cinquième fois en 25 ans le marcel de John McClane dans Belle journée pour mourir. Le nouveau né de la saga mythique lancée en 1988 avec Piège de cristal entraîne la célèbre tête brulée à Moscou, terrain de jeux miné de vilains mafieux russes bien décidés à contrôler le monde et à donner du fil à retordre au fiston du héros. Car, préretraite oblige, papy Bruce ne fait plus ses pirouettes tout seul et se retrouve doté d’un rejeton aux muscles seyants, à la mâchoire carrée et à la tête dure (Jai Courtney, l’armoire à glace qui se faisait botter les fesses par Tom Cruise dans Jack Reacher). De quoi plonger la saga dans un bain de jouvence et jouer le second degré sur le conflit des générations. Et si l’on regrette que le scénario ne profite pas assez de ce postulat pour booster son récit, les fans de Bruce et les amateurs de scènes d’action abracadabrantesques (courses poursuites, cascade suspendue à un hélico…) y trouveront largement leur compte et attendront le sixième volet, déjà annoncé par Bruce himself !
ACTION. De John Moore avec Bruce Willis, Jai Courtney, Sebastian Koch… USA, 1h36.

Vive la France
Michaël Youn se la joue Borat

Michaël Youn, José Garcia et Isabelle Funaro dans Vive la France- Copyright: Jérôme Prébois-Gaumont

Muzafar et Feruz, bergers au Taboulistan, trou perdu méconnu d'Asie Centrale, sont élus par leur dictateur en chef pour faire la promo de leur pays en France. La méthode choisie ? Un attentat kamikaze à Paris. Mais rien ne se passe comme prévu: après que leur avion a été détourné en Corse, les frangins sont escortés à travers les régions françaises par une jeune et jolie journaliste. L'occasion pour eux de découvrir notre culture, à mille lieux de leur société machiste et rétrograde. Ce pitch vous dit vaguement quelque chose? Normal: avant Michaël Youn, Sacha Baron Cohen avait lui aussi confronté des résidants d'états dictatoriaux à des civilisations plus "évoluées". Malgré le capital sympathie de José Garcia qui ose décidément tout (y compris, plans à 3 et beignes à la gent féminine), il manque d'ailleurs à Vive la France l'audace de Borat ou du Dictateur pour convaincre totalement et soutenir la comparaison. Gageons cependant que l'hymne du Taboulistan, au même titre que "Mets ta cagoule" de Fatal Bazooka, fera un carton auprès des adolescents accros aux pitreries du trublion.
COMEDIE. De et avec Michaël Youn, José Garcia, Isabelle Funaro… France, 1h35.


ET AUSSI...

Syngué Sabour- Pierre de Patience

Si les blockbusters d’action, les docus animaliers ou les comédies franchouillardes ne titillent pas votre curiosité, courez voir Syngué Sabour. L'actrice iranienne Golshifteh Farahani (Mensonges d'état, Poulet aux prunes...) y campe une jeune femme afghane qui, dans un pays en guerre, veille son mari dans le coma, profitant de cet état pour lui révéler ses désirs, ses secrets, ses blessures. Une véritable performance pour l'actrice qui tient cet hommage aux femmes et cette ode à la liberté sur ses seules épaules, en monologue quasi permanent. Exemplaire.
DRAME. D’Atiq Rahimi avec Golshifteh Farahani. Afghanistan, 1h42.