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Les meilleurs films de braquage

C'est avec nostalgie que l'on salue le retour sur grand écran d'Eddie Murphy, dans un film qui n'aurait pas dépareillé au milieu de ses succès des eighties. Car si l'acteur vient d'être évincé de son poste de présentateur des Oscars, on ne peut pas dire qu'il se laisse abattre pour autant. Le Casse de central park est pour lui l'occasion de s'allier à Ben Stiller, concierge fauché d'un immeuble de luxe où se retrouve assigné à résidence le magnat de la finance qui a causé sa banqueroute et celle de ses amis. Le duo s'en donne à coeur joie dans cette version pieds nickelés d'Ocean's eleven, pour le meilleur et pour le rire.

Du coup, l'idée nous est venue de vous remémorer quelques grandes heures du film de braquage, qu'il soit diabolique, imprévisible, classieux, palpitant, voire historique. Mains en l'air, que personne ne bouge !

Inception

Christopher Nolan le rappelait lui-même lors de la sortie du film, il avait depuis longtemps le désir de raconter l'histoire d'un braquage, genre ultra-codifié et hautement cinégénique. Heureusement pour nous, le réalisateur du Dark knight rises ne fait jamais rien comme les autres et s'est lancé un défi de taille, puisque le coffre que Leonardo DiCaprio et son équipe doivent pénétrer n'est autre... qu'un esprit. Le tour de force du film est de mélanger la classe hollywoodienne, la structure et les ficelles du bon vieux film d'intrusion, tout cela remodelé par un contexte de science fiction. Ajoutez à cela la présence d'une Mario Cotillard nettement moins irritante que dans Les Petits mouchoirs, une bande-son chirurgicale et des images à l'onirisme prégnant, et vous tiendrez l'un des braquages les plus originaux du cinéma.

Ocean's eleven

Loin de ses écarts arty, Steven Soderbergh met ici en scène une sorte d'hommage ultime aux plus belles heures d'Hollywood. Condensé d'élégance, de glamour, de belles gueules et de morceaux de bravoure, Ocean's eleven parvient à évoquer à chaque instant des pans entiers de l'histoire culturelle occidentale, et nous rappelle avec brio combien la figure du rebelle, du voleur, demeure symboliquement forte dans nos contrées. Avouons que le casting trois étoiles est pour beaucoup dans la réussite de l'ensemble, ce n'est pas tout les jours qu'on se fait vider les coffres par Brad Pitt, George Clooney, Eliott Gould ou Casey Affleck !

Un après midi de chien

Le braquage, c'est classe. Sauf quand on n'est pas très organisé, loin d'être franchement doué, porté sur la panique, et que la police vous encercle. Dans ces conditions, le coup du siècle a vite fait de se transformer en Après-midi de chien, comme l'a bien compris Sidney Lumet. Tour à tour drame, polar, miroir déformant d'une Amérique aux valeurs noyées dans la surconsommation, le métrage se veut, comme tout ceux de son réalisateur, une plongée abyssale dans les errements de l'humain, ses tentatives désespérées d'améliorer son quotidien. Un réalisme bouleversant, qui n'interdit pas le sens du romanesque avec ce film magnifique, éprouvant et inoubliable, qui acheva d'assoir Pacino comme l'un des géants de sa génération.

Bonnie and Clyde

Impossible de causer braquage sans évoquer l'une des plus importantes créations du septième art. Road movie, chronique criminelle, et évidemment biographie de célèbres braqueurs, le film inaugure une période faste pour le cinéma américain, connue sous l'appellation de Nouvel Hollywood. Œuvre fondatrice, elle fascine encore aujourd'hui en cela qu'elle annonce la mode du road movie, la fin du western, la chute irrémédiable des illusions, et une défiance profonde envers le système et le contrôle des individus. Sous ses oripeaux de grand classique, Bonnie and Clyde est encore aujourd'hui un long-métrage rageur et subversif, qu'il est impardonnable de ne pas (re)découvrir, servi par les impériaux Warren Beaty et Faye Dunaway.

Inside man

Si vous vous demandez ce que serait le braquage parfait, voici la réponse. Avec cette commande, Spike Lee a redynamisé sa mise en scène, qui avouons-le, ronflait gentiment sous ses palmes contestataires. Grâce à un Clive Owen remarquable d'intensité, il nous embarque facilement dans ce casse banquier qui recèle autant de pièges que de niveaux de lecture. Car chez Lee, même si l'on est là pour dérober de l'argent, la démarche a un autre but que le simple enrichissement, comme le dévoile un épilogue glaçant. On reste admiratif devant l'efficacité du scénario, la finesse des dialogues, et l'intelligence du projet. Si vous avez quelques collègues disponibles, des cagoules, un ou deux flingues, et de quoi trouer des murs blindés, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Heat

Laissez faire les professionnels. Ce pourrait être la maxime du chef d'œuvre de Michael Mann, qui s'essaie ici au grand polar hollywoodien, avec duel de légendes en supplément. Al Pacino traque un Robert De Niro bien décidé à ne pas laisser la police se mettre en travers de son dernier braquage avant une retraite bien méritée. Tout est à encenser dans ce ride furieux, où des scènes d'action puissantes ne viennent jamais parasiter un scénario à la fois dense et vif. On visionne la chose avec la même fascination qu'un ballet, dont chaque élément se meut avec une harmonie parfaite, selon une dramaturgie implacable, jusqu'à une conclusion aussi poétique que tragique. On se souvient encore de l'inoubliable dialogue entre les deux têtes d'affiche, improbable moment d'accalmie avant une curée où la pitié n'aura pas sa place.

L'Affaire Thomas Crown

Classique des classiques, Faye Dunaway fait ici équipe avec Steve McQueen, pour ce qui restera encore longtemps un sommet de charme, d'humour, de classe et de séduction. Ce mélange de romance et de film de braquage n'a en rien été éclipsé par son ambitieux remake, qui crut pouvoir remplacer la science de la mise en scène de l'original par un érotisme de salon entre Pierce Brosnan et Renée Russo.

Le Train

Cette œuvre un tantinet oubliée de Frankenheimer mérite d'être redécouverte. Tout d'abord parce qu'elle traite d'un fait historique mal connu : le projet des nazis de dérober les trésors artistiques français, dissimulés dans un train pour que les alliés ne les récupère pas, et la tentative aventureuse de ces derniers de remettre la main dessus. Ensuite parce que Le Train marie avec bonheur film de guerre et de braquage, et enfin parce qu'il est réalisé avec le soin d'orfèvre propre aux années 60, quand mise en scène rimait encore avec rigueur et découpage. Une leçon pour tout ceux qui croiraient encore que dans un film de braquage, il faut des effets de style à tire-larigots, du strass et des paillettes. Un bijou.