Hollywood Insider

Hollywood est-il sexiste ?

Kathryn Bigelow

On aime ou on n’aime pas Kathryn Bigelow, elle reste la seule réalisatrice à avoir remporté l’Oscar de la meilleure mise en scène pour Démineurs en 2010.

Deux Oscars si on compte celui du meilleur film qu’elle partageait avec ses coproducteurs, tous des hommes. N’en déplaise à ceux qui persistent à croire que Kathryn Bigelow ne doit son succès qu’à son ex-époux James Cameron, la réalisatrice est de nouveau en lice pour l’Oscar de la mise en scène avec Zero Dark Thirty.

Trop peu de femmes

Bigelow fait partie des 18% de femmes qui ont travaillé derrière la caméra sur les 250 plus gros films américains de 2012. C’est ce qu’a démontré récemment une étude réalisée par l’université de San Diego. Un chiffre qui montre à quel point on est loin de la parité à Hollywood. Il y a certes une progression par rapport à 2011, mais elle n’est que de 1 pour cent. Si on trouve plus de femmes à la production, au montage, à la photo et à l’écriture, être réalisatrice à Hollywood relève de la mission impossible. Kathryn Bigelow, Sofia Coppola et Lisa Cholodenko font partie des rares réalisatrices qui ont une visibilité.

L’exception indépendante

Pour la première fois, le festival de Sundance, connu pour lancer la carrière des jeunes cinéastes a vu une parité hommes-femmes dans ses films en compétition. Selon l’association « Women in films », les femmes se sentent beaucoup plus à l’aise et surtout beaucoup plus libres lorsqu’elles réalisent et produisent leur propre script, le plus souvent un petit budget tourné en numérique. Sont-elles beaucoup plus débrouillardes ? Oui, toujours selon « Women in Film », qui organise chaque année un gala récompensant celles qui se sont distinguées au cinéma et à la télévision. Pour reprendre l’exemple de Lisa Cholodenko et de son film « tout va bien : the kids are allright », la réalisatrice n’avait pas hésité à frapper à la porte de Julianne Moore pour lui donner son script. Annette Bening a suivi. Le reste n’est que trophées et nominations.

Les actrices

On entend toujours la même phrase : « au-delà de 40 ans, les actrices ont du mal à trouver des rôles à Hollywood ». il est vrai qu’entre les biopic, les remakes, les franchises, les supers-héros et les reboot, il y a moins de personnages féminins, mais jamais les femmes stars n’ont eu autant de pouvoir. Et même si elles n’ont pas de pouvoir, il suffit d’un film, (pourquoi pas étranger) pour qu’une Emmanuelle Riva devienne soudain la coqueluche d’Hollywood. Peut-être le temps d’un Oscar, mais c’est déjà pas mal. Comme disait récemment un producteur-homme affilié à un grand studio qui préfère rester anonyme « je suis entièrement d’accord pour une plus grande diversité à Hollywood, mais jusqu’à preuve du contraire, ce qui fonctionne est jusqu’à présent écrit par une majorité d’hommes ». Et ce producteur donne un exemple bien précis. Sex and the City, une série et 2 films sur la vie de 4 femmes est inspiré d’un livre de Candace Bushnell, mais a été écrit par des hommes. Propos sexistes ou réalistes ?